Épilepsie : savoir la reconnaître, la soigner et la prévenir

Par ailleurs, il arrive aussi que les jeunes enfants aient des convulsions lors d’une poussée de fièvre. Il s’agit de convulsions fébriles qui disparaissent souvent vers l’âge de 5 ou 6 ans, mais pas d’une forme d’épilepsie. Cependant, il est nécessaire de consulter un médecin lorsque de telles convulsions apparaissent.

Épilepsie : quelles sont les causes ?

D’abord, sachez que l’épilepsie n’est pas une maladie à proprement parler, mais plutôt le signe d’un trouble au niveau de la fonction cérébrale. Cela peut être dû à différents processus pathologiques. Lorsque l’épilepsie se manifeste à l’âge adulte, elle est souvent signe d’une atteinte localisée, par exemple, une mauvaise irrigation du sang dans le cerveau, une tumeur cérébrale ou encore une ancienne blessure à la tête. Chez les enfants, elle peut être attribuée à une méningite qui est survenue à un jeune âge ou à des anomalies dans le développement du cerveau. Mais, elle est souvent héréditaire.

Bien que l’on sache que l’épilepsie est transmise génétiquement, on ne peut encore comprendre en quoi le cerveau d’une personne atteinte par une forme héréditaire de l’épilepsie est différent, ni les circonstances qui mènent à une crise. Cependant, les personnes atteintes arrivent à reconnaître des facteurs déclencheurs, notamment :

  • Un manque de sommeil
  • Une hyperventilation
  • La consommation d’alcool, de cocaïnes ou d’autres drogues
  • Une modification hormonale
  • Une exposition à des lumières clignotantes ou stroboscopiques

Les types de crises d’épilepsie

Il existe deux grands types de crises d’épilepsie, à savoir :

  • Les crises partielles qui se limitent à une région du cerveau précise
  • Les crises généralisées, qui s’étendent à toutes les parties du cerveau

Les crises partielles

  • Les crises partielles simples. Elles durent quelques minutes en général pendant lesquelles l’individu est conscient.
  • Les crises partielles complexes. Pendant ces crises le sujet est dans un état de conscience altérée et ne répond pas aux stimulations tandis que son regard reste fixe.

À noter

on parle d’épilepsie lorsque les crises se répètent. Le fait d’avoir eu une seule crise de convulsions ne signifie pas que vous êtes épileptique. Cette crise peut être due à plusieurs facteurs : traumatisme crânien, méningite, accident vasculaire cérébral, surdosage de médicaments, sevrage à une drogue, etc.

Les crises généralisées

  • Les absences généralisées (« petit mal ») concernent habituellement les enfants âgés de 5 à 10 ans. La crise s’accompagne d’une perte de connaissance et dure 10 à 30 secondes. Le sujet perd contact avec son environnement et n’a aucun souvenir de ce qui s’est produit pendant la crise.
  • Les crises tonicocloniques (« grand mal »). Elles provoquent une chute au sol, une perte de conscience ainsi que des spasmes musculaires dans tout le corps, et ce, pendant une à deux minutes. Il peut aussi arriver que le sujet ne maîtrise plus sa vessie. Après la crise, lorsque le sujet reprend conscience, il peut se sentir confus, désorienté ou alors avoir des maux de tête et se sentir très fatigué. Les douleurs musculaires peuvent persister pendant quelques jours.
  • Les crises myocloniques. Elles sont plus rares et sont caractérisées par des secousses brusques des bras et des jambes. Ces types de crises durent quelques secondes seulement selon qu’il s’agit d’une secousse unique ou d’une série de secousses et ne provoquent pas de confusion.
  • Les crises atoniques. Elles sont peu courantes et la personne qui en est victime s’effondre brusquement à cause d’une perte de tonus musculaire. Le sujet reprend connaissance après quelques secondes et parvient à se relever et à marcher.

Les symptômes de la crise d’épilepsie

  • Une respiration bruyante
  • Dans certains cas, il y a convulsions
  • Des perceptions modifiées comme le goût et l’odorat, entre autres
  • Des périodes d’évanouissement ou de conscience altérée. Il arrive que les yeux restent ouverts, que la personne ait un regard fixe et ne réagisse plus
  • Parfois, une aura précède la crise. Il s’agit d’une sensation : une hallucination olfactive ou une sensation de déjà vu. Elle peut aussi se manifester par de l’agitation ou un sentiment d’irritabilité. Lorsque la personne reconnaît ces sensations liées à l’aura, elle doit s’allonger afin de prévenir une chute.

Les personnes à risque

  • Les personnes ayant des antécédents familiaux d’épilepsie. L’hérédité aurait un rôle à jouer dans certaines formes d’épilepsie.
  • Les personnes ayant eu un traumatisme au cerveau à cause d’un coup violent, d’un accident vasculaire cérébral, d’une méningite, etc. sont légèrement plus à risque.

Traitements de l’épilepsie

Dans la majorité des cas, des médicaments anticonvulsifs sont prescrits afin d’éliminer ou de réduire la fréquence des crises. À savoir que ces médicaments existent sous plusieurs formes et que leur efficacité n’est pas le même chez tous les patients. Il arrive que le médecin essaye quelques médicaments avant de déterminer le médicament qui convient le mieux à un patient.

Cependant, il ne faut pas oublier que plusieurs médicaments anticonvulsifs provoquent des effets secondaires. Par exemple, certains peuvent diminuer les fonctions mentales tandis que d’autres augmentent la pilosité du visage lui donnant même un aspect inexpressif. D’autre part, ils peuvent également réduire l’efficacité des contraceptifs oraux ou alors entraîner des malformations dès la naissance.

Une personne n’ayant pas eu de crise pendant un an peut, sous la recommandation de son médecin, arrêter graduellement de prendre ses médicaments. Dans deux cas sur trois, les crises ne réapparaissent jamais.

Lorsqu’il s’agit d’épilepsie provoquée par des dommages dans une partie du cerveau, le recours à la chirurgie devient nécessaire, surtout quand la prise de médicaments n’est pas suffisante. La fréquence à laquelle surviennent les crises peut alors être réduite grâce à la pose d’un appareil ressemblant à un stimulateur cardiaque. Celui-ci agit sur un nerf situé dans le cou (le nerf vague) en le stimulant de façon intermittente. En effet, une personne disposant de cet appareil peut prévenir l’apparition d’une crise en passant un petit aimant au-dessus de l’implant afin d’activer le stimulateur.

Les femmes sexuellement actives et souffrant d’épilepsie doivent se tourner vers leur médecin et leur parler des mesures à prendre pour réduire les risques de malformations congénitales. À savoir que l’épilepsie peut aussi être à l’origine de plusieurs troubles sexuels et qu’il existe bien des traitements.

Prévention de la crise d’épilepsie

Puisqu’il n’est pas encore possible d’identifier la cause exacte derrière une crise d’épilepsie, il est difficile de faire des recommandations en matière de prévention.

Toutefois, pour éviter les crises d’épilepsie provoquées par un traumatisme crânien, il convient d’appliquer les mesures de sécurité de base. Nous faisons référence, entre autres, au port d’un casque à vélo, à l’utilisation de la ceinture de sécurité, au port d’un casque protecteur notamment lors d’activités risquées comme escalader une paroi, exécuter des travaux de construction, conduire une moto, etc.

Mesures pour réduire la fréquence des crises

Si vous souffrez déjà d’épilepsie, votre objectif doit être de réduire la fréquence des crises, et ce, en évitant à tout prix de vous exposer aux facteurs déclencheurs possibles que vous aurais pu identifier.

Il faut savoir que les déclencheurs les plus fréquents sont :

  • Des émotions fortes
  • Des lumières qui clignotent par exemple dans des jeux vidéo ou des discothèques, etc.
  • Une musique trop forte
  • Des activités physiques trop intenses

D’autres déclencheurs possibles :

  • Le stress
  • Une fièvre
  • La période menstruelle
  • Le manque de sommeil

Ce n’est pas un secret, adopter un mode de vie sain est un complément indispensable aux traitements médicaux permettant de mieux contrôler les crises. Voici quelques conseils de base :

  • Ne pas prendre de drogues
  • Avoir une alimentation équilibrée et manger à des heures régulières
  • Bannir les stimulants de son alimentation : tabac, café, thé, boissons qui contiennent de la caféine comme le cola ou encore les boissons énergisantes
  • Puisque l’alcool peut interférer avec l’action de certains médicaments anticonvulsivants et par conséquent leur efficacité, les personnes consommant des boissons alcoolisées devraient en discuter avec leur médecin. À noter que si le traitement est suivi à la lettre et que les crises sont bien contrôlées, le sujet pourra prendre 1 à 2 consommations par jour, pas plus, car cela augmenterait le risque de crise.

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